Paris Art Passion

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Jens Fänge-galerie Perrotin-Paris.

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin

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Jens Fänge-galerie Perrotin-Paris.

Jens FÄNGE « The Hours Before »

Galerie Perrotin, Paris / 5 mars - 16 avril 2016

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin

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Découvrant les dernières œuvres de Jens Fänge rassemblées à l’occasion de l’exposition The Hours Before, il est difficile de ne peut pas penser à Six Personnages en quête d’auteur, ce classique du théâtre de l’absurde écrit par Luigi Pirandello en 1921. Car les assemblages de Fänge imposent au regardeur de reconsidérer encore et à nouveau la réalité de ce qu’il voit ou, peut-être, de ce à quoi il assiste. Un drame se joue ici, mais lequel ? Et de quoi s’agit-il ?

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin
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Dans la pièce de Pirandello, la répétition est interrompue par six personnages qui entrent en scène, déclarent que ce sont eux les véritables personnages tout en critiquent constamment les comédiens sur leur interprétation et leur manque de souci du détail. Après avoir tenté de les congédier, le Directeur cède et s’efforce d’intégrer à la pièce le récit des Personnages, en vain. Pirandello considérait la pièce comme une comédie, mais sa première fit scandale et les huées du public contraignirent son auteur à quitter le théâtre par la petite porte. Fänge a déclaré que le point de départ de son travail peut se comparer à une scène de théâtre vide sur laquelle émergeraient progressivement comédiens et accessoires. Se refusant toutefois d’endosser le rôle de l’artiste omniscient, il opte vite pour d’autres méthodes, prêtant attention à ce qui se passe dans les œuvres et à ce qui circule entre elles, évoquant même l’existence d’un mystère dont lui, l’artiste, ignorerait à peu près tout mais qui serait nécessairement là!

L’installation murale Journeys at Home (2016) est un wallpaper de dix mètres de long. Elle représente en panorama un intérieur vu sous une perspective plongeante et dans des couleurs opalescentes. Se déployant de part et d’autre d’un angle de lacimaise, elle fait basculer notre regard sur l’espace physique réel. Fänge dispose des tableaux et des objets sur le papier peint,qui semblent comme émerger de la surface plane et susciter l’incertitude : à quel monde appartiennent-ils ?

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin

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Il est assez « naturel » que Fänge s’intéresse dans ce contexte à la période du début du XVe siècle, époque où l’on construit – ou invente – quasi simultanément en Flandre et en Italie du Nord, la perspective centrale. Nous pouvons également observer dans son travail des vestiges de techniques de construction de la perspective plus anciennes, en particulier celles qui caractérisent les icônes, notamment dans la façon dont Fänge figure une robe, ou dans le dallage du sol. Ce qui importe ici, c’est que sont présentes plusieurs techniques perspectivistes, la perspective centrale n’étant qu’une parmi d’autres. Ce qui est également intéressant, c’est la raison pour laquelle des peintres, travaillant habituellement pour l’Église, ou des mécènes entretenant d’étroites relations avec celle-ci, se sont lancés dans cette entreprise : avec la peinture à l’huile, il était désormais bien plus facile de créer l’illusion de la lumière. Et pourquoi dès lors ne pas peindre l’image miroir du monde que suggère la perspective centrale ? Elle aurait rendu plausibles les miracles.

L’ange aux ailes fabuleuses peut désormais se tenir ici, en face de la Sainte Vierge, assise sur une chaise « réelle », ou penchée sur un livre « réel », tandis qu’entre les deux s’étend un sol carrelé

« réel » et que l’on peut voir à travers la fenêtre un paysage « réel », à tout le moins réaliste. La perspective mise en œuvre dans les icônes fonctionne d’une manière un peu différente de la perspective centrale ; c’est en fait une perspective inverséedont le point de fuite est situé dans l’observateur.

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin
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Sapant subtilement tous les canons esthétiques, Fänge usedélibérément d’anachronismes pour narrer des récits non linéaires. Qu’une chose soit qualifiée de désuète suffit à attirer son attention et lui donner l’occasion de l’utiliser à ses propres fins.

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Maquette de goélette, Hinterland (2016) est à la fois un objet trouvé, et un objet artisanal. Elle est accrochée au plafond de l’espace d’exposition de la même façon que des ex-voto maritimes suspendus à la voûte des églises nordiques, exprimant gratitude et espoir de protection. Le motif constructiviste figurant sur une voile est fait de pièces de tissus méticuleusement cousues et brodées, comme une réparation de voile usée, évoquant tout à la fois peinture moderniste et bandages. Peint cousu et brodé avec le concours de la mère de l’artiste.

©jens fänge-courtesy galerie Perrotin
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chris

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lizagrece 11/04/2016 21:16

Le bateau suspendu me fait rêver. Peut être parce que je suis de plus en plus attirée par le travail du tissu.